Le GERFA a pris connaissance de la nomination du chef de cabinet du Premier ministre, Luc COENE, en qualité de ministre dÉtat et fait part de son profond étonnement.
En effet, cette nomination parait plus fondée sur des services rendus à son parti quà la collectivité.
Au moment où la réforme COPERNIC qui devait dépolitiser ladministration fédérale et la rendre plus efficace se révèle un échec cuisant et couteux, il faut rappeler que Luc COENE en a été le défenseur acharné et presque le premier bénéficiaire puisque, par arrêté royal du 3 aout 2001, il était nommé président du comité de direction « Chancellerie et Premier Ministre » (anciennement Services du Premier Ministre) avec le traitement excessif y afférent. Mieux, alors quil devait prendre ses fonctions à ladministration à la tête de laquelle il avait été nommé, il na pas jugé utile de rallier ladministration et est donc resté de facto le chef de cabinet de VERHOFSTADT ; cette manuvre a démontré à lévidence que la réforme COPERNIC nétait donc que le mode opératoire de la nouvelle politisation.
Il faut également rappeler que, au moment où lefficacité de ladministration est pointée du doigt, COENE na pas hésité à monter une opération particulièrement bancale en recasant très avantageusement dans les services publics fédéraux « Chancellerie et Premier ministre » et « Affaires étrangères, Commerce extérieur, Coopération au Développement », sans épreuve objective et sans aucun besoin, les 80 employés politisés du Service fédéral dinformation (S.F.I.), organisme de droit privé que le gouvernement avait décidé de supprimer. Pour atteindre cet objectif, COENE na pas hésité à passer outre tant à lavis du Conseil détat que de lInspection des Finances, qui estimaient tous deux que lopération était irrégulière et violait gravement le principe constitutionnel dégalité devant les emplois publics.
Au printemps 2001, léminence grise de VERHOFSTADT avait également imaginé dinstaller ses services dans le Palais des Académies et de reléguer, au mépris des engagements de lÉtat, ces institutions scientifiques dans un bâtiment inadapté et indigne delles; la mobilisation des milieux intellectuels en Belgique et à létranger fit heureusement échouer ce projet scandaleux.
Enfin, sa mission de secrétaire du Conseil des ministres ne sest pas exercée sans ambiguité puisquà plusieurs reprises, notamment à propos des arrêtés « COPERNIC », il a notifié des décisions qui ne reflétaient pas lesprit et parfois la lettre des délibérations du Conseil. En cela, il suivait la voix de son maitre qui souhaitait forcer les décisions au détriment des règles collégiales de délibération.
Ces différents éléments ne permettent guère de fonder une nomination en qualité de ministre dÉtat, magistrature morale, qui implique que le bénéficiaire ait rendu des services à lÉtat et à la collectivité, ce qui parait contestable dans le chef de COENE.
Le Bureau du GERFA