Communiqué du 26 mai 2007


Le toupet du patron de SELOR


Incroyable! Le patron de SELOR, le S.P.a. Marc VAN HEMELRIJK, vient de s’autodécerner un brevet d’efficacité pour son action à la tête de l’organisme depuis cinq ans. Dans la foulée, il demande  que SELOR obtienne le statut d’agence (?).

Contrairement à ce que soutient l’administrateur délégué de SELOR, la qualité globale du recrutement du personnel de l’Etat a nettement régressé au cours de ces dernières années, notamment parce que SELOR a essentiellement privilégié des techniques de sélection sommaire tout à fait inadaptées aux besoins des services publics; la multiplication de tests informatisés, souvent étrangers à la fonction, qui ne permettent pas de mesurer les compétences et les aptitudes des candidats, a eu pour effet de réduire les exigences de recrutement et de mettre à la disposition des services publics des agents ne disposant pas des qualités requises.

Pire, au-delà de la mauvaise qualité de la sélection, SELOR privilégie une culture d’ « entreprise » et de « clients », dont les objectifs n’ont pas été débattus démocratiquement et dont les préoccupations ne sont guère compatibles ni avec les exigences de service public ni avec son éthique.

N’en déplaise à VAN HEMELRIJK, les services publics fédéraux ne sont pas des entreprises et les usagers ne sont pas des clients. D’ailleurs le contribuable n’est pas client du ministère des Finances, pas plus que le demandeur de visa du ministère de l’Intérieur ou le prisonnier du ministère de la Justice. Cela ne veut pas dire que les services publics ne doivent pas respecter les usagers et viser l’efficacité sociale, mais c’est  dans le cadre d’une relation de droit public et non dans une relation inadaptée d’entreprise-client.

Par ailleurs, SELOR a été incapable de mener à bien les opérations de recrutement des « top managers » : d’une part, il s’est prêté avec connivence à la constitution de jurys « sur mesure » en permettant ainsi la systématisation de la politisation des nominations ; d’autre part, il a développé des « techniques » de recrutement tout à fait étrangères aux fonctions et basées sur des exercices idéologiquement orientés et déjà largement utilisés en 2001-2002.   

En outre, le patron de SELOR n’est autre que l’ancien chef de cabinet de VAN DEN BOSSCHE, qui a profité de la réforme COPERNIC pour se faire nommer et percevoir un traitement indécent, alors que son expérience utile dans les grands services publics fédéraux était extrêmement réduite, voire nulle. Il représente donc, avec le président du Service public fédéral « Personnel et Organisation » (ancien ministère de la Fonction publique) Georges MONARD, aujourd’hui écarté à cause de l’annulation de sa nomination par le Conseil d’Etat, le binôme symbolique d’une réforme couteuse et ratée dont le résultat le plus important été le renforcement de la politisation de la haute fonction publique.

Pour le GERFA, le projet de création d’une agence doit être rejeté sans appel car le recrutement doit rester sous la direction du ministre, du Gouvernement et du Parlement et non d’un « top manager » politisé qui n’est pas capable de prendre en compte les exigences de qualité dans les services publics; de plus, cette agence ne créera aucune plus-value, sauf peut-être pour Marc VAN HEMELRIJK lui-même, qui poursuit ainsi la pérennité de son emploi, et pour les nombreux contractuels qu’il a engagés.

En quelques années, VAN HEMELRIJK et consorts ont fait de SELOR un organisme inadapté et politisé à tel point que sa réforme substantielle, qui implique au minimum l’écartement des responsables actuels et une réflexion sérieuse sur les épreuves de sélection, doit devenir une priorité du prochain gouvernement.


Le Bureau du GERFA