Communiqué du 22 décembre 2007
Verhofstadt III : les francophones sous-représentés
Le GERFA a pris connaissance de la
composition du gouvernement intérimaire VERHOFSTADT III et
constate, d’une part, une rupture par rapport aux
équilibres habituels et, d’autre part, que les
Francophones, malgré plusieurs déclarations
triomphalistes, y décrochent une position plus que congrue.
D’abord, il observe que toutes les fonctions régaliennes
de l’Etat –sauf une, les Finances-, soit la Justice,
l’Intérieur, la Défense, les Affaires
étrangères, la Fonction publique et le Budget sont toutes
attribuées à des néerlandophones. Or, ces
différentes fonctions particulièrement sensibles
représentent le coeur de l’Etat et coïncident
parfaitement avec des grandes administrations structurées et
homogènes.
Ainsi, la Justice implique la gestion des prisons, celle des tribunaux,
l’élaboration des grandes législations (code civil,
code pénal, code de commerce, etc.) ;
l’Intérieur gère la police générale,
la protection civile, la politique des étrangers, etc.
Par ailleurs, le C.D. & V. reçoit à la fois le
budget, les entreprises publiques et la mobilité au moment
où le financement de la S.N.C.B. et le survol de Bruxelles
représentent des enjeux particulièrement sensibles pour
les Francophones.
Enfin, la Fonction publique, ministère que le GERFA suit
particulièrement, assure la politique de recrutement, la
formation et la réglementation des 80.000 agents
fédéraux. Elle a été confiée au C.D.
& V. dont le conseiller en fonction publique n’est autre que
Georges MONARD, « top manager » annulé par
le Conseil d’Etat, et qui s’efforcera de préserver
la mauvaise réforme COPERNIC, voire de la
rééquilibrer au profit de son parti.
Les Francophones obtiennent certes quelques grands départements,
puisque, outre les Finances, ils gèrent l’Economie, les
Affaires sociales et l’Emploi et le Travail. Cela étant,
même si ces compétences sont importantes, leur
régionalisation ou communautarisation au moins partielle est
revendiquée par la Flandre.
Par ailleurs, plusieurs ministres reçoivent des
compétences assez légères, ce qui fait douter de
la parité effective, tant vantée par les Francophones.
Ainsi, le ministre MAGNETTE reçoit l’Energie, qui
n’est qu’une direction des Affaires économiques, et
le climat qui n’implique aucune grande direction
ministérielle mais une attribution de coordination entre
différents ministères.
Le ministre DUPONT est dépouillé de la Fonction publique
et ne garde que l’intégration sociale –qui
n’est qu’une direction des Affaires sociales- et les
grandes villes –qui constituent essentiellement une enveloppe de
subventions- et obtient les pensions, matière essentiellement
technique où les initiatives du ministre se limiteront
vraisemblablement à la volonté -louable- de relever les
pensions les plus basses.
Manque de visibilité
Par ailleurs, les Francophones ne reçoivent pour
l’essentiel que des compétences internes, à
l’exception de la Coopération, et n’assument quasi
aucune visibilité au niveau international, accréditant
ainsi l’idée que la Belgique est bel et bien
dirigée par les Flamands, d’autant que le Premier ministre
est également flamand.
En conclusion, le Gouvernement intérimaire VERHOFSTADT III est
déséquilibré et accorde un avantage
disproportionné au nord du pays, tant en ce qui concerne les
fonctions régaliennes (6 sur 7) qu’en ce qui concerne la
représentation de l’Etat à
l’étranger !
Au moment où les Flamands souhaitent alléger l’Etat
fédéral, ce n’est pas le moindre paradoxe
qu’ils se retrouvent aux fonctions-clés de l’Etat
qu’ils veulent conserver à leur seul profit.
Une fois de plus, les dirigeants francophones font preuve de leur
manque de vigilance et de leur méconnaissance flagrante de
l’Etat et de ses centres de gravité.
Le Bureau du GERFA