Communiqué du 1er décembre 2009
Leterme II : Francophones à la portion concrue
Dans son communiqué du 22
décembre 2007, le GERFA avait constaté que les Francophones étaient
sous-représentés dans le Gouvernement intérimaire VERHOFSTADT III. Dans
son communiqué de mars 2008, le GERFA avait fait le même constat lors
de la constitution du Gouvernement LETERME 1er. Qu’en est-il dans le
nouveau Gouvernement LETERME II ? La situation ne s’est guère
améliorée, au contraire.
D’abord, il observe que toutes les
grandes fonctions régaliennes de l’Etat –sauf une, les Finances-, soit
la Justice, l’Intérieur, la Défense, les Affaires étrangères, la
Fonction publique sont toutes attribuées à des néerlandophones. Or, ces
différentes fonctions particulièrement sensibles représentent le coeur
de l’Etat et coïncident parfaitement avec des grandes administrations
structurées et homogènes.
Ainsi, la Justice implique la gestion
des prisons, celle des tribunaux, l’élaboration des grandes
législations (code civil, code pénal, code de commerce, etc.) ;
l’Intérieur gère la police générale, la protection civile, la politique
des étrangers, etc.
Par ailleurs, le C.D. & V.
reçoit les entreprises publiques et la mobilité au moment où le
financement de la S.N.C.B. et l’avenir de La Poste représentent des
enjeux particulièrement sensibles pour les Francophones.
Enfin,
la Fonction publique, ministère que le GERFA suit particulièrement,
assure la politique de recrutement, la formation et la réglementation
des 80.000 agents fédéraux. Elle a été de nouveau confiée au C.D. &
V. qui récupère une victime collatérale de l’affaire FORTIS, Inge
VERVOTTE.
Les Francophones gardent certes quelques grands
départements, puisque, outre les Finances, ils gèrent l’Economie en
partage avec un ministre V.L.D, les Affaires sociales et l’Emploi et le
Travail. Cela étant, même si ces compétences sont importantes, leur
régionalisation ou communautarisation au moins partielle est
revendiquée par la Flandre.
Par ailleurs, plusieurs ministres
reçoivent des compétences assez légères, ce qui fait douter de la
parité effective, tant vantée par les Francophones.
Ainsi, le
ministre MAGNETTE reçoit l’Energie, qui n’est qu’une direction des
Affaires économiques, et le climat qui n’implique aucune grande
direction ministérielle mais une attribution de coordination entre
différents ministères. Le ministre DAERDEN reçoit les pensions, matière
essentiellement technique où les initiatives du ministre se limiteront
vraisemblablement à la volonté -louable- de relever les pensions les
plus basses… pour autant qu’il dispose de moyens suffisants.
Certes,
les Francophones reçoivent quelques compensations sous forme de cinq
( !) secrétaires d’Etat contre … deux aux Néerlandophones, aux
compétences maigres comme COURARD à l’Intégration sociale, CHASTEL aux
Affaires européennes, DELIZEE pour les personnes handicapées et
CLERFAYT à la luttre contre la fraude fiscale et un cinquième plus
important au budget… mais sous la tutelle du vice-premier ministre
V.L.D. Guy VANHENGEL.
Certes, certains diront que les
Francophones se taillent la part du lion dans les secrétaires d’Etat en
raflant cinq postes sur sept. Toutefois, les secrétaires d’Etat ne
siègent pas au conseil des ministres et n’y sont invités que si un de
leurs dossiers y est évoqué. Enfin, le seul secrétaire d’Etat qui
comptait est sous la tutelle du ministre du Budget V.L.D.
Bref,
il s’agit de postes NON stratégiques et qui ne résorbent nullement le
déséquilibre constaté au niveau du conseil des ministres. Une fois de
plus, les Francophones ont fait preuve de naïveté et se sont fait
acheter contre quelques sucettes ! La multiplication de
secrétaires d’Etat, pour la plupart francophones, constitue évidemment
un mauvais signal pour les citoyens, d’autant que chaque secrétaire est
doté d’un cabinet de 30 à 40 personnes dont le cout avoisinera le
million d’euros chacun.
Enfin, alors que dans le Gouvernement
VERHOFSTADT III, le Conseil des ministres était strictement paritaire,
les Gouvernements LETERME I et II comme le Gouvernement VAN ROMPUY ont
exclu le premier ministre du calcul, ce qui a pour effet de donner aux
Flamands un avantage important et de rompre la parité!
Par
ailleurs, les Francophones ne reçoivent pour l’essentiel que des
compétences internes, à l’exception de la Coopération, et n’assument
quasi aucune visibilité au niveau international, accréditant ainsi
l’idée que la Belgique est bel et bien dirigée par les Flamands,
d’autant que le Premier ministre est également flamand. Le déséquilibre
international a encore été renforcé par la nomination de Herman
VAN ROMPUY à la présidence du Conseil européen et le maintien de Karel
DE GUCHT comme commissaire européen alors que son poste devait échoir à
un Francophone !
En conclusion, le Gouvernement LETERME II
est déséquilibré et accorde un avantage disproportionné au nord du
pays, tant en ce qui concerne les fonctions régaliennes qu’en ce qui
concerne la représentation de l’Etat à l’étranger !
Une
fois de plus, les dirigeants francophones font preuve de leur manque de
vigilance et de leur méconnaissance flagrante de l’Etat et de ses
centres de gravité.
Au moment où les Flamands occupent tous les
postes de pouvoir, les Francophones sont totalement minorisés et font
preuve d’un manque de vision stratégique comme s’ils acceptaient d’être
d’office considérés comme une minorité de 30% correspondant à la seule
population wallonne.
Le Bureau du GERFA