Conférence de presse du 28 septembre 2006


Un moribond : le C.P.A.S. de Tubize



Dans son mémorandum de juin 2006, le GERFA s’inquiète particulièrement du fonctionnement des institutions locales. A cet égard, le cas du centre public d’action sociale (C.P.A.S.) de Tubize est emblématique et démontre une fois de plus la carence des autorités dans la gestion d’un service public.
 
Les maux dénoncés sont toujours les mêmes : favoritisme, incompétence, manipulation, et les remèdes sont toujours les mêmes : sélection par concours, rigueur de gestion, soumission à la règle de droit et respect de l’intérêt général.
 
A travers le cas du C.P.A.S. de Tubize et à l’occasion des élections, le GERFA veut élargir le débat aux institutions locales qui échappent souvent à toute transparence et à toute remise en question.
 

1. Pourquoi le personnel s’exprime-t-il aujourd’hui ?


Le personnel du C.P.A.S. de Tubize subit depuis bien longtemps le poids d’une chef du personnel (la secrétaire, Mme Rajaa BELAKHDAR) incompétente tant en ce qui concerne les aspects techniques et juridiques du métier que ceux qui relèvent du management proprement dit.
 
Jusqu’il y a environ un an, le personnel avait accepté de « faire avec » car il n’avait pas le choix. Mme BELAKHDAR avait été imposée par le bourgmestre, Raymond LANGENDRIES, et rien ne pouvait changer quoi que ce soit. En outre, chose heureuse pour l’institution et ses usagers, la plupart des membres du personnel et le président du centre avaient acquis le réflexe de pallier ses déficiences.

Qu’est-ce qui a changé en un an et qui justifie les actions menées depuis lors ainsi que la présente conférence de presse ?
 
D’abord le sentiment d’injustice. Celui-ci est tolérable jusqu’à un certain seuil ; au-delà de celui-ci, il devient insupportable.
 
Ensuite, le service à la population. Celui-ci se dégrade de manière constante. Cette dégradation se révèle de différentes manières : extrême lenteur du service, favoritisme, finances gravement menacées et paralysie.
 

2. Les faits

 
Mars 1995  : la receveuse du C.P.A.S part en congé de maternité. Son remplacement est attribué, sans appel public ou interne (pas d’avis aux valves) à Rajaa BELAKHDAR, parachutée par Raymond LANGENDRIES en accord avec Alain ROSENOER. Elle ignore tout du fonctionnement d’un service public et des matières qui lui sont confiées, notamment la comptabilité publique, essentielle pour un receveur.
 
Juin 1995  : le secrétaire du C.P.A.S. (pour rappel, le plus haut fonctionnaire du C.P.A.S. et dirigeant du personnel) ne suffisant plus à la tâche, un poste d’adjoint (chef de bureau administratif) est créé. Ce nouvel emploi de cadre, à durée indéterminée, est alors attribué à Rajaa BELAKHDAR, toujours sans appel public, ni avis interne. Pendant plus de deux années, cette personne remplit difficilement ses tâches... (ne sait pas rédiger correctement, méconnait la législation organique, etc.).

Début ‘98, le secrétaire en place est alors frappé par une grave maladie. Rajaa BELAKHDAR le remplace de fait sans autre forme de procès (aucun appel public ni avis interne). D’autres fonctionnaires en place depuis la fin des années ‘70 et nommés à des fonctions de responsables, postulent spontanément à la fonction de secrétaire f.f. Ils ne recevront jamais de réponse... Ce n’est qu’en 2001, qu’il est décidé de régulariser la situation de Mme BELAKHDAR en organisant un examen. Aucun fonctionnaire du C.P.A.S. ne se portera candidat car il est établi que la fonction est réservée à Mme BELAKHDAR. Elle sera nommée en 2002. Cette désignation a lieu alors que l’autorité communale connait parfaitement les graves lacunes de l’intéressée dénoncées tant par les membres du personnel et les cadres politiques que par un rapport d’audit commandité auprès de la société Deloitte et Touche. Nous y reviendrons.
 

3. Le C.P.A.S., un service public dysfonctionnant et moribond ?

 
3.1. Un management inexistant = un service public déficient
 
Les errements de Rajaa BELAKHDAR (la secrétaire) sont multiples et les constats posés en 1998 par la société Deloitte et Touche restent d’actualité. Dans ce rapport il est notamment question « d’inexistence de la gestion des ressources humaines », « d’absence de communication descendante et latérale, l’information restant au niveau de la secrétaire », « d’absence de politique d’affectation du personnel », « d’absence de politique de formation », « d’absence de transparence », etc. Dès lors, l’auditeur considère que les carences de la secrétaire f.f., Mme BELAKHDAR, en matière de management ont de graves répercussions sur l’ensemble du personnel qui se traduisent notamment par sa frustration, sa démotivation et sa dévalorisation. L’auditeur estime que « les problèmes que connait actuellement l’exercice de cette fonction (secrétaire) sont la source de nombreux problèmes identifiés dans les services du C.P.A.S. et qu’il s’agit apparemment du problème le plus délicat à résoudre ».

Du point de vue des compétences techniques, le rapport n’est pas en reste. Ainsi, il constate que le politique est amené à intervenir dans le champ des compétences de la secrétaire, car celle-ci est dans l’incapacité d’assurer la gestion administrative des dossiers. L’audit estime que les carences de la secrétaire entrainent « une absence de gestion concertée des gros dossiers et un lent pourrissement des dossiers antérieurs à sa désignation ». Il poursuit en estimant que « la mise en lumière de certaines lacunes (de la secrétaire) au niveau technique » renforce la défiance du personnel à son égard.

Il conclut par cette phrase : « Le C.P.A.S. de Tubize ne connait aucune gestion managériale. Au vu du constat dressé jusqu’à présent, la secrétaire faisant fonction ne semble pas actuellement à même d’assurer celle-ci. La gestion quotidienne du C.P.A.S. se fait de façon tout à fait aléatoire ». Ce rapport d’audit comme les plaintes du personnel et de certains cadres politiques n’eurent aucune incidence sur les intentions de Raymond LANGENDRIES et Alain ROSENOER de maintenir et de confirmer Mme BELAKHDAR à la tête de l’administration du C.P.A.S.

Le temps n’a pas amélioré la situation, au contraire elle a empiré. Fin 2005, le service externe de la médecine du travail, ARISTA, constate à propos du management de la secrétaire « un climat de stress et de malaise », « un manque de communication ou une communication dysfonctionnante ». Confrontée à ses déficiences, R. BELAKHDAR se rend coupable, toujours selon ARIST A, « de violence morale et symbolique (...) d’attitude d’abus, d’intimidations, (...) ». Pour un agent du centre, un cadre, le dysfonctionnement tourne au drame, au harcèlement moral au sens de la loi.

Tous ceux qui ont tenté de réagir ont été punis par la volonté de LANGENDRIES et ROSENOER (P.S.)  : le président du C.P.A.S. (Michel PICALAUSA) , l’agent victime de harcèlement moral (Luc RIGAUX) et enfin le personnel. Dans de telles conditions, on ne peut raisonnablement espérer un service public efficient. LANGENDRIES et ROSENOER n’ont cure du bon fonctionnement du service public. Leurs intérêts sont ailleurs.
 
3.2. Messieurs LANGENDRIES et ROSENOER décident de paralyser le service public
 
Ce point nécessite des précisions contextuelles. Comme indiqué au point précédent, le « management » de la secrétaire induit des nombreuses tensions et de graves conflits avec le personnel à un point tel qu’un agent (le chef administratif, Luc RIGAUX) déposera plainte pour harcèlement moral et obtiendra gain de cause auprès du service de médecine du travail.

Cependant, avant d’arriver à cette extrémité, le président du C.P.A.S, Michel PICALAUSA tentera de multiples médiations. Aucune d’entre-elles n’aboutira et les relations entre Mme BELAKHDAR et M. PICALAUSA finiront également par se dégrader. En juillet 2005, pressentant vraisemblablement que sa situation devient difficile, Mme BELAKHDAR fait appel à son protecteur, R. LANGENDRIES. Pour ce dernier, le problème est clair : M. PICALAUSA constitue une double menace, d’une part, pour sa protégée, d’autre part, pour ses ambitions politiques car M. PICALAUSA ne souhaite pas la reconduction de l’alliance alors aux commandes. Il faut donc s’en débarrasser. Pour ce faire, R. LANGENDRIES obtiendra la précieuse aide du Premier échevin, M. Alain ROSENOER et de leurs fidèles (1), qui mettront un zèle remarquable dans l’accomplissement de leur besogne. Nous ne nous attarderons pas sur les manoeuvres qui fondent la constitution de cette alliance. Pour en savoir davantage, il convient de se rapporter aux articles de presse qui ont paru sur le sujet. Il est donc décidé de paralyser l’institution afin d’obtenir la disparition du gêneur : le président Michel PICALAUSA. Comment ?
 
Voici quelques exemples.

— Les initiatives en cours ou projetées sont freinées voire arrêtées (l’aide à une école des devoirs est refusée ce qui met en péril ses activités, l’achat d’habitations à prix plancher destinées à des usagers dans le besoin est rejeté, etc.).

— Le bureau permanent, organe fondamental pour assurer la gestion courante du centre, ne peut plus se réunir car les coalisés C.D.H.-P.S. (tendance majoritaire) n’y viennent plus.
 
— La modification budgétaire de fin 2005 n’est pas votée, ce qui a pour effet de complètement paralyser l’institution pendant plusieurs semaines.
 
—Le budget 2006 ne sera exécutoire qu’à la mi-aout alors que la loi impose, comme date butoir, le 1 er janvier ; cela a pour effet, outre de rendre impossible toutes nouvelles actions, de surcharger le travail des services (en particulier celui des Finances), de ralentir considérablement le versement des aides (2) et de ne plus permettre l’accueil de nouveaux enfants chez les accueillantes conventionnées. Ce retard dans l’élaboration du budget, coutumier chez la secrétaire, dépasse, dans le cas présent, toutes les bornes. Etait-ce la conséquence d’une consigne donnée par les coalisés ou une nouvelle faute de la secrétaire, Mme BELAKHDAR ? Quoi qu’il en soit, la secrétaire ne fut jamais inquiétée à ce sujet.

— Toutes les propositions budgétaires pour 2006 faites par les responsables de service et transmises à la secrétaire seront négligées. Ainsi, par exemple, l’insuffisance du budget réservé à l’achat de matériel de puériculture obligera les accueillantes d’enfants soit à demander l’intervention des parents (par exemple : le prêt d’un lit ou d’un parc), soit à utiliser du matériel peu sécurisant.
 
— Les décisions prises par les organes du centre ne sont pas transmises par la secrétaire au personnel, ralentissant voire empêchant leur exécution. Une nouvelle fois, nous sommes ici en droit de nous demander s’il s’agit en l’occurrence de l’exécution d’une consigne ou d’un nouveau manquement de la secrétaire, Mme BELAKHDAR ? A nouveau, la secrétaire ne fut jamais inquiétée à ce sujet.

— Les coalisés décident de ne pas se rendre à un conseil où doit être impérativement adopté (dernier délai) le projet de construction de la nouvelle maison de repos. En agissant de la sorte les coalisés ont failli priver le C.P.A.S. d’une subvention régionale de 3.050.000 EUR et mettre gravement en péril ce projet.

— Le personnel malade est remplacé tardivement, voire pas du tout.

— En février 2006, alors que la secrétaire est absente pour une longue durée, les coalisés désignent sa remplaçante. Ils choisissent un agent qui n’a ni expérience en la matière ni formation adaptée (psychologue). Ont-ils l’intention de mener la politique du pire, c’est-à-dire de vouloir démontrer que l’on peut connaitre pire que l’actuelle secrétaire, Mme BELAKHDAR ? Leurs espoirs semblent déçus, car la personne progresse rapidement et assume consciencieusement sa mission. Dès lors, les coalisés lui enjoindront de limiter sa mission à la rédaction des procès-verbaux et d’abandonner toutes les autres tâches qui appartiennent à la fonction de secrétaire.

3.3. Des protections qui risquent de couter cher aux contribuables

Quand les coalisés recevront le rapport du service de la médecine du travail ARISTA qui constate que Mme BELAKHDAR est responsable de harcèlement moral, ils ne se rendront pas aux séances du conseil où ce point doit être examiné. En agissant de la sorte, ils interdisent à l’autorité de prendre les mesures nécessaires à la protection de la victime (L. RIGAUX). Plus grave, ils décideront de confier à Mme BELAKHDAR le soin
de constituer un dossier disciplinaire à sa charge et ils se dépêcheront de le licencier (3).
 
Cette affaire a aussi permis de prendre en flagrant délit de mensonge le bourgmestre et Mme N. MOHDAD (proche d’A. ROSENOER). En effet, le bourgmestre, accompagné de la susmentionnée ainsi que d’autres fidèles, déclarera à la presse que le rapport ARISTA ne conclut pas au harcèlement moral. Pour soutenir ses dires, il présentera un rapport intermédiaire amputé de la conclusion qui constate ledit harcèlement (4).

L’affaire est aujourd’hui dans les mains de la justice. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour savoir que cette affaire coutera très cher aux contribuables : infraction au statut du C.P.A.S. (car le conseil n’était pas l’organe habilité à statuer dans le cadre d’une procédure disciplinaire) (5), infraction aux principes fondamentaux du droit (car le conseil confie la mission de constituer le dossier disciplinaire à la personne contre qui le défenseur a porté plainte), infraction à la loi relative au harcèlement moral (car le conseil n’a pas pris les mesures nécessaires à la protection de la victime et s’est lui-même rendu coupable de harcèlement), infraction à la loi sur les contrats de travail (car il est manifeste que le conseil a licencié abusivement (6)), etc.
 
L’addition sera salée... Elle le sera d’autant plus que d’autres membres du personnel devraient à leur tour déposer plainte.

3.4. Arriver à ses fins... au préjudice des finances du C.P.A.S.
 
La décision de boycotter le bureau permanent (voir 3.2.) n’a pas pour seul effet de paralyser la vie de l’institution. Elle dégrade ses finances car il n’est dès lors plus possible de procéder, à temps, aux paiements des fournisseurs, ce qui entraine d’importants intérêts de retard. Ces retards indisposent les fournisseurs qui dès lors ne souhaitent plus traiter avec le C.P.A.S. Celui-ci est donc contraint de traiter avec d’autres fournisseurs plus onéreux. Enfin, la paralysie du bureau permanent oblige le C.P.A.S. de traiter en urgence sans avoir la possibilité de faire jouer la concurrence.

Autres exemples d’incurie

— Le rapport d’audit réalisé par Deloitte et Touche, qui a couté 750.000 FB aux contribuables tubiziens, a été enterré car défavorable à la secrétaire, R. BELAKHDAR.

— Quand les coalisés décident de faire appel à un réviseur d’entreprise, le choix du prestataire de service n’est pas établi sur la base de critères objectifs conformément à la loi sur les marchés publics, mais en fonction d’affinités particulières d’un des leurs. Finalement, ils seront contraints de suivre la procédure légale de passation du marché.
 
— Lorsqu’il est avéré, en 2002, qu’un agent « indélicat » a détourné d’importantes sommes d’argent (près de 800.000 FB) au préjudice d’une personne handicapée aidée par le centre, la secrétaire et le conseil se contenteront de la suspendre puis d’accepter sa démission.

3.5... et au préjudice du service à la population

Le délitement du service public peut prendre des formes plus dissimulées que celles qui aboutissent à sa paralysie (voir point 3.2.).
 
Ainsi, les coalisés ont pris pour attitude, outre de faire des difficultés pour remplacer les malades, de désorganiser les services en retirant certaines prérogatives aux responsables de service (au service administratif, au service social général, au service d’accompagnement, etc.), en les « courtcircuitant » (faire fi de leur avis concernant des demandes de formation, de leur demande en ce qui concerne le profil des personnes à engager, etc.), en leur donnant des consignes contradictoires, en les dépossédant de leurs prérogatives (telle la personne désignée secrétaire f.f. durant la longue absence de Mme BELAKHDAR), en les menaçant de poursuites disciplinaires (la directrice de la maison de repos), en les convoquant irrégulièrement devant eux (tels le chef administratif ou la receveuse), etc.

Dans le même ordre d’idées, nous pouvons signaler la pratique qui vise à engager du personnel sans vérifier préalablement ses compétences. Ainsi, depuis juillet, lesdits conseillers procèdent à des engagements sans qu’aucune épreuve de sélection ne soit organisée et alors que, pour certains de ceux-ci, les états de service sont médiocres. On ne s’étonnera pas de constater que ces nouveaux agents du centre sont des connaissances, voire des amis de la secrétaire ou d’un desdits conseillers. Dans deux cas précis, les coalisés vont engager une personne en lui accordant un contrat à durée indéterminée, alors que la loi l’interdit : il s’agit d’un poste statutaire qui doit être pourvu après l’organisation d’un examen (7). Un poste sera créé pour une proche de Mme N. MOHDAD et ce en totale contravention avec la loi, c’est-à-dire sans saisir l’organe de concertation communal et sans avoir prévu les moyens nécessaires pour couvrir la nouvelle dépense.
 
En octobre 2005, les coalisés iront jusqu’à manifester avec fracas dans les locaux du centre, interrompant ainsi le service (8).

Pendant plus de deux mois, sans doute dans un souci de punir le service social, les coalisés priveront ce service d’un agent qui occupait en son sein un poste-clé en le transférant à un autre poste. Cette décision a eu pour conséquence de totalement désorganiser le service et de réduire, de manière significative, la qualité du service à la population (retard dans la
transmission des décisions d’aide, diminution du temps d’entretien avec les bénéficiaires, traitement tardif des demandes de subsides, etc.).
 
De manière générale, l’ensemble de ces décisions, manifestement guidées par un objectif autre que celui du bien public, ont pour effet de stresser le personnel, d’accroitre sa démotivation et de détériorer sa relation avec l’usager.
 

4. Le C.P.A.S., une institution au service de la population ?

 
Les faits mentionnés ci-dessus montrent combien le C.P.A.S. de Tubize est aujourd’hui entièrement privatisé, c’est-à-dire au service d’intérêts particuliers. Le cout de cette privatisation est énorme tant pour la collectivité qui ne peut plus bénéficier du service qu’il est en droit d’attendre que pour le personnel soumis à une véritable dictature. Le C.P.A.S. est aujourd’hui un lieu sans règles ni morale.
 

5. Les moyens de la mainmise sur le C.P.A.S. ?

 
Pour arriver à ses fins, la majorité LANGENDRIES-ROSENOER a utilisé, directement ou indirectement, différents modes d’actions :

l’intimidation, la menace et l’abus de pouvoir (en saisissant illégalement l’ordinateur d’un agent pour « vérifier » son contenu, en le convoquant à un conseil sans le renseigner sur le sujet de son audition, en retirant des prérogatives à certains chefs de service, en menaçant le personnel (voir à ce sujet la note de bas de page n° 9, etc.)) ;

—la diffamation et la calomnie en accusant certains agents d’avoir rédigé des faux en écriture, d’avoir fait faire des travaux privés par du personnel du centre, en déclarant à la presse qu’un membre du personnel a un comportement intolérable à l’égard de ses collègues (8) alors que celui-ci bénéficie de leur appui (9), en affirmant aux autorités judiciaires qu’un tel agent a des relations sexuelles avec un tel autre agent durant ses heures de service, etc. ;

— le mensonge et la manipulation notamment à l’occasion de l’affaire « ARISTA » évoquée plus haut (point 3.3.).


6. Comment en est-on arrivé là ?


Au C.P.A.S. de Tubize les détournements et abus de pouvoir sont légion et, à ce jour, restés sans suite. Pourquoi l’autorité de tutelle (le gouverneur) n’est-elle pas intervenue ? Elle ne peut en tout cas rétorquer qu’elle n’avait pas connaissance des faits, car la plupart des décisions du centre lui sont communiquées. Par ailleurs, le personnel lui a adressé trois courriers dans lesquels il lui fait part des graves dysfonctionnements constatés et décrits ci-dessus. Ce n’est qu’après un troisième courrier que le gouverneur jugea utile de convoquer le conseil de l’action sociale (juillet 2006). Cependant, la déception fut grande quand il fut constaté qu’il se bornait à demander que la secrétaire adopte un comportement plus adapté à l’égard de son personnel.

L’attitude adoptée par l’autorité de tutelle dans l’affaire relative au licenciement de l’agent victime de harcèlement est troublante et, peut-être, révélatrice (10). Le pouvoir de contrôle syndical a, lui aussi, adopté un profil inquiétant en collaborant activement avec LANGENDRIES et ROSENOER. En effet, à aucun moment il n’est intervenu pour défendre le personnel soumis aux intimidations, aux menaces et aux représailles dénoncées ci-dessus. Jamais, il n’est intervenu pour dénoncer les illégalités commises.
 
Dans deux cas précis, les délégués de la C.G.S.P. adopteront une position contraire à l’intérêt de ses affiliés (11). Ils (délégués C.C.S.P. et C.G.S.P.) iront jusqu’à adopter, sur la proposition de R. LANGENDRIES, une motion de méfiance à l’égard du service de médecine du travail qui a constaté les faits de harcèlement moral dans le chef de la secrétaire, Mme BELAKHDAR.


Conclusions et conséquences

 
Aux seules fins de protéger leurs intérêts personnels, LANGENDRIES et ROSENOER ont précipité le C.P.A.S. dans un marasme inextricable au préjudice de la population tubizienne et singulièrement des plus faibles.
 
Aussi, confronté régulièrement — par le fait soit de la secrétaire soit des conseillers — à un manque de personnel, au non-respect des normes, à une absence de décision, à une communication inexistante ou à une carence de moyens, le personnel a toujours adopté une attitude qui permette, vaille que vaille, d’assurer le service à la population. En agissant ainsi, il a accepté, dans certains cas, de travailler en dehors des conditions légales.
 
Or, le personnel constate que, bien qu’il ait interpelé l’un après l’autre chaque échelon des autorités de tutelle, rien n’a été entrepris pour mettre fin aux graves dérives dénoncées. Au contraire, il observe aujourd’hui que les coalisés semblent avoir l’intention d’utiliser cet état de fait pour entamer, à leur encontre, des actions disciplinaires ou de licencier le personnel contractuel.
 
Compte tenu de ces faits, le GERFA, au nom du personnel du C.P.A.S., demande que l’usager du service public redevienne la priorité des autorités publiques.
 
Par conséquent, il exige :
 
1. la prise en compte des rapports d’audit et d’enquête réalisés par Deloitte et Touche et ARISTA, ce qui implique nécessairement l’écartement de l’actuelle secrétaire, Madame Rajaa BELAKHDAR ;
 
2. une enquête administrative diligentée par la ministre à propos des manquements graves dénoncés ci-avant et qui concernent l’ensemble des échelons de pouvoir mis en cause : le conseil de l’action sociale, le collège, la tutelle provinciale et la direction générale de l’action sociale ;
 
3. l’organisation de concours de recrutement, auquel les contractuels en place auront accès, afin de mettre fin à la politisation ;

4. la mise en place d’un management clair et respectueux des fonctions des agents ;


5. l’organisation d’élections syndicales.


Le Bureau du GERFA


 



Notes :


(1) Il s’agit des conseillers à l’action sociale : Mesdames DECOSTER, LEVEAU et MOHDAT ainsi que Messieurs ADANT, BEELEN, DEBAST, GEERTS et THEMLIN.

(2) Quand le budget de l’année n’est pas voté, le C.P.A.S. est sous le régime des douzièmes provisoires. En synthèse, ce régime n’autorise, chaque mois, que l’utilisation du douzième des crédits adoptés pour l’année qui précède. Cependant, dans certaines matières, tels le paiement des salaires ou le versement des aides sociales, un dépassement des douzièmes provisoires est possible moyennant une décision du conseil de l’action sociale. La lenteur provient du fait qu’il faut attendre la décision avant de verser les aides.

(3) Pour la petite histoire, il est éclairant de noter que Mme BELAKHDAR reprochait notamment à L. RIGAUX d’avoir informé le conseil du pouvoir du président d’annuler, si nécessaire, les séances du conseil de l’action sociale. Elle estimait que l’intéressé avait commis là une erreur. Malheureusement pour Mme BELAKHDAR, le président a bien cette compétence. Ce fait en dit long sur celles de l’intéressée. L’ensemble du dossier disciplinaire mérite d’être consulté.

(4) Vers l’Avenir du 13 février 2006. Avant cette déclaration, Najat MOHDAD avait affirmé à la presse (Vers l’Avenir du 30 janvier 2006)  : « Officiellement nous n’avons pas encore eu accès au dossier ARISTA de la médecine préventive. Mais pour ce que nous avons, il ne conclut pas au harcèlement moral ». Il convient de souligner que le rapport ARISTA était mis à la disposition des conseillers depuis le début du mois de janvier !

(5) Voyez à ce sujet le règlement de travail du C.P.A.S.

(6) Les coalisés ont décidé, le 17 janvier 2006, de licencier L. RIGAUX dans le cadre d’une procédure disciplinaire. Compte tenu de l’indigence du dossier et de la délibération présentée à la tutelle, cette dernière est contrainte de suspendre la décision (alors qu’elle aurait dû l’annuler immédiatement). Plus de quatre mois après leur décision de licencier L. RIGAUX, lesdits conseillers, constatant qu’ils ne pouvaient pas poursuivre disciplinairement l’intéressé, décident de travestir la réalité en déclarant que, contrairement aux apparences, L. RIGAUX n’a pas été licencié à la suite d’une procédure disciplinaire. Pour résoudre le problème de l’indigence des griefs faits à L. RIGAUX, ils décident d’évoquer un nouveau motif (et ce sans l’avoir préalablement entendu). Il est licencié car il aurait commis des faux en écriture totalement inexistants. Le fait que le reproche soit sans aucun fondement est un détail dont les coalisés n’entendent pas s’encombrer.
 
(7) Voyez à ce sujet, notamment, les annonces parues dans Le Soir des 12 et 13 aout 2006.

(8) Voyez à ce sujet La Nouvelle Gazette du 27 octobre 2005.
 
(9) En effet, quelques jours auparavant, 26 membres du personnel avaient adressé un courrier aux conseillers dans lequel ils déclaraient : « (...) n’avoir jamais subi aucune pression de quelque sorte de sa part (Luc RIGAUX) ; ils témoignent tous qu’il n’existe aucune tension particulière entre eux et Monsieur RIGAUX, et qu’ils entretiennent avec lui des relations professionnelles constructives. Ses collaborateurs directs soulignent à l’unanimité les qualités professionnelles qu’ils reconnaissent à Monsieur RIGAUX, à savoir sa disponibilité permanente, sa rigueur et son efficacité, ses compétences dans les domaines qui le concernent, sa rapidité et sa précision dans le suivi des demandes qui lui sont adressées, sa correction dans ses rapports humains avec le souci de dépasser les éventuels malentendus, ainsi que son respect des règles déontologiques et du devoir de réserve ». Par la suite, certains signataires dudit courrier (cinq) sont menacés par la secrétaire : « Vous avez choisi le mauvais camp », « tu entendras parler de moi », etc. Quinze agents, tous les responsables de service, décident alors d’adresser un courrier au Gouverneur et à la Région wallonne (direction générale de l’Action sociale et de la Santé, D.G.A.S.S.) par lequel ils les informent desdits faits.

(10) Martine PINGAUT, chef de service de la tutelle à Wavre (service qui fait partie intégrante de la D.G.A.S.S. et qui est placé sous la direction de Gustave ESCOUFLAIRE, inspecteur général et ancien conseiller communal C.D.H.) se rend au C.P.A.S. de Tubize en mai 2005. Selon les dires de Luc RIGAUX, lors de son entretien avec la représentante de la tutelle, cette dernière lui aurait reproché son comportement à l’égard de la secrétaire et, de manière générale, à l’égard du personnel. En agissant de la sorte, Mme PINGAUT a pris fait et cause pour Mme BELAKHDAR. Luc RIGAUX lui adressera le soir même un courrier par lequel il lui fait part de son étonnement. Mme PINGA UT lui répondra par courrier quelques jours plus tard en lui signifiant ne pas devoir répondre à des courriers privés. Il convient de signaler que lors de sa visite au C.P.A.S., Mme PINGAUT a rencontré d’autres cadres qui l’ont tous informée de graves dysfonctionnements causés par la secrétaire.

La position adoptée par le gouverneur de Province, E. HENDRICKX, à l’occasion du licenciement de Luc RIGAUX est également troublante. Comme déjà écrit ci-dessus (point 3.3., notes de bas de page 3 et 6), il aurait été conforme à la jurisprudence adoptée par les différents services de tutelle de la Région d’annuler immédiatement la décision de licencier l’intéressé compte tenu des nombreuses illégalités constatées. Cependant, le gouverneur décida de le suspendre et de laisser aux conseillers plus de trois mois pour « remotiver » leur décision. La nouvelle décision (voir la note de bas de page 6) constitua, tout autant, un travestissement de la réalité que la tutelle ne pouvait ignorer. En effet, elle disposait de toutes les pièces (procès-verbaux et délibération) qui contredisaient les moyens utilisés par le conseil (L. RIGAUX fut bel et bien licencié dans un cadre disciplinaire et le nouveau motif invoqué — le prétendu faux en écriture — est contredit par un écrit de la Région wallonne, par Mme BELAKHDAR, par la secrétaire f.f. et par les déclarations des conseillers). Cependant, le gouverneur n’annula pas la nouvelle décision, car il découvrit subitement qu’il ne pouvait le faire (le C.P.A.S. desservant une commune de plus de 20.000 habitants, seul le gouvernement wallon peut annuler), alors que deux mois auparavant il avait annulé une décision du C.P.A.S. de Tubize (opposée aux intérêts de R. LANGENDRIES). Dès lors, il aurait dû soumettre la question au ministre compétent ; ce qu’il ne fit pas ! Ces errements sont-ils le fait de malencontreuses fautes répétées ou s’agit-il de manoeuvres délibérées ? A cet égard, il convient de verser au dossier l’étonnant déjeuner qu’on eu ensemble R. LANGENDRIES et le gouverneur de Province, au « Piano de Julien », quelques jours après que ce dernier a décidé de ne pas annuler le licenciement de L. RIGAUX. Ce déjeuner suivait également de quelques jours la séance du conseil de l’action sociale convoqué par le gouverneur. Durant cette séance, déjà évoquée au point 6 (à propos de la demande du Gouverneur adressée à la secrétaire d’adopter un comportement plus adapté à l’égard du personnel), le conseil décide de faire taire définitivement les agents sous le couvert de l’obligation qui leur est faite de respecter le devoir de réserve. Cette demande est étonnante dans la mesure où elle provient des seuls protagonistes à ne pas l’avoir respecté. En effet, en octobre 2005, les coalisés avaient transmis à la presse des bribes d’un dossier confidentiel en espérant que ces extraits allaient porter préjudice à un agent du centre. Cette espérance fut déçue. Quoi qu’il en soit, le devoir de réserve n’impose pas le silence devant l’illégalité. Aujourd’hui, les conseillers de R. LANGENDRIES se taisent car leur intérêt est d’étouffer les affaires du C.P.A.S. Par ailleurs, il leur est maintenant malaisé d’affirmer des contrevérités à une presse bien au fait du dossier.

Lors de cette séance extraordinaire, les conseillers décident également de faire réunir le personnel pour qu’il lui soit « signalé que, quelles que soient les rumeurs, aucun licenciement se sera opéré sauf pour motif grave ». Une nouvelle fois, nous sommes en droit de nous étonner de cette deuxième résolution qui, comme la première, se limite à proposer le respect de la loi alors qu’elle est formulée par les seuls qui ne l’aient pas respectée. A l’analyse, cette deuxième résolution est bien maladroite. D’une part, elle est l’aveu d’avoir procédé, par le passé, à des licenciements injustifiés. D’autre part, elle est la reconnaissance de l’état d’esprit malsain et marqué par la rumeur dans lequel vivent les agents du centre. Jusqu’à cette date, les conseillers de R. LANGENDRIES et de A. ROSENOER se sont bien gardés de mettre fin aux rumeurs qui circulent, car elles constituaient leur moyen de communication avec le personnel et parce qu’elles permettaient de maintenir un climat de terreur continue.

(11) A l’occasion du licenciement de Mme L. ROELS, agent chargé de la livraison des repas à domicile et accusée de délit de fuite (elle aurait accroché un véhicule occasionnant une petite trace sur une aile du véhicule de service, sans pourtant qu’aucune victime ne soit connue), le délégué C.G.S.P. n’a à aucun moment soulevé l’inexistence de la faute ni les erreurs de procédure. A cette occasion, ce même délégué déclara, pour sans doute se dédouaner, que ce qui arrivait à l’intéressée était la faute du président et de L. RIGAUX. Quand le personnel demanda aux délégués d’envisager une action de soutien à Mme ROELS, la délégation syndicale se tut dans toutes les langues.