Le GERFA —Groupe
d’étude et de réforme de la fonction
administrative—
a été créé en 1981 par
quelques
fonctionnaires en réaction à la politisation
massive des
services publics en Belgique, et pour amener une prise de conscience et
une réflexion sur l’amélioration de
leur gestion.
Devenu organisation syndicale agréée en 1990, le
GERFA
compte aujourd’hui environ 1.500 membres, répartis
principalement dans les ministères et organismes
d’intérêt public relevant de
l’État
fédéral, de la Communauté
française, de la
Région wallonne et de la Région bruxelloise. Le
GERFA
édite un mensuel, « diagnostic »,
tirant à 3.000 exemplaires (tous
diffusés !), de
septembre à juin. Il est fondamentalement pluraliste et
indépendant de toute organisation politique.
Depuis sa création, le GERFA a mené souvent avec
succès de nombreux combats, à la fois sur le
terrain
médiatique et sur le terrain juridique. Il est devenu ainsi
une
référence pour tous ceux qui, en Belgique,
s’intéressent à la fonction publique.
La lutte contre la politisation et le clientélisme reste
—malheureusement— toujours
d’actualité. Mais
le GERFA ne se contente pas de critiquer. Il se veut
également
constructif et a élaboré, au fil des
années, un
programme complet pour promouvoir un service public de
qualité.
Ses propositions ont fait l’objet d’un mémorandum
publié en mai 1999 et réactualisé en
avril 2003, mai 2004. juin 2006 et juin 2007.
En résumé, le GERFA défend les
objectifs essentiels suivants :
— le maintien d’une fonction publique
fondée sur un statut
établi par la loi ou le règlement, condition
nécessaire pour assurer aux agents des services publics
l’autonomie et l’impartialité
nécessaire dans
l’exercice de leurs missions au service de
l’intérêt général ;
— un recrutement efficace et objectif des
fonctionnaires, fondé sur le principe du
concours,
seul à même de garantir d’une part, le
respect du
principe d’égalité à
l’accès
aux emplois publics, et d’autre part, la sélection
du
personnel de la fonction publique sur la base de compétences
dûment vérifiées ;
—la dépolitisation des promotions
et l’instauration d’une vraie carrière
pour les fonctionnaires par la création du barème-plan,
qui instaurerait une progression barémique automatique, sauf
en cas d’évaluation négative ;
— l’instauration du système des mandats
pour les fonctionnaires généraux,
subordonnée toutefois à l’obtention
d’un brevet délivré
par une école d’administration encore à
créer ;
— la création d’écoles
d’administration (francophone,
néerlandophone et germanophone), communes aux fonctionnaires
des
différents niveaux de pouvoir (État
fédéral, Communautés,
Régions et pouvoirs
locaux), qui auront pour missions essentielles d’octroyer les
brevets aux candidats fonctionnaires généraux, de
contrôler la formation des stagiaires, de dispenser les
formations nécessaires au fonctionnement efficace des
administrations et d’insuffler une véritable
culture du
service public.
Le GERFA n’exerce pas uniquement son action sur le terrain
politico-médiatique. Il est également une
organisation au
service des agents des services publics, qui
contribue à les informer, à les former et
à défendre leurs droits légitimes.
Que ce soit pour défendre des agents injustement
sanctionnés ou pour contester des promotions et des
nominations
injustes et/ou politisées, le GERFA
n’hésite pas
à monter en ligne et à déposer les
recours
nécessaires devant la chambre de recours, le Conseil
d’État ou la Cour d’arbitrage. Le combat
pour
l’État de droit est donc l'une de ses
préoccupations constantes.
Le GERFA se veut enfin un groupe de réflexion
sur le
rôle de l’État et des services publics
dans la
société, au moment où celui-ci est mis
en cause,
souvent de manière simpliste, par une idéologie
d’inspiration néo-libérale.
Là où les
partis politiques perçoivent souvent le service public en
termes
de clientélisme ou de bureaucratie, le GERFA pense le
service
public en terme de service au public. Cela implique que
l’objectif final est de rendre service à la
collectivité et d’assurer un fonctionnement des
services
publics non seulement le plus efficace possible, mais
également
pour tous et en respectant les droits de tous les usagers.